Barbounya, La générosité des mezzés

Barbounya 2Mezzés, comme dans petits plats à partager entre amis. Mezzés, comme dans tradition orientale, très levantine. Barbounya, récemment ouvert sur Laurier Ouest, à Montréal, offre tout ça et plus encore.

L’endroit a été revampé avec goût et à-propos par deux spécialistes de la cuisine et de l’ambiance moyen-orientale. Petit décor confortable et invitant, sièges donnant envie de rester assis de longues heures et cuisine ouverte permettant de suivre le ballet de la brigade et le travail attentif de la chef d’orchestre. Les huit gros haut-parleurs au plafond suscitent une légère inquiétude, mais on présume que le volume sera réglé avec le même gros bon sens que tout le reste. Et puis, une trame sonore légèrement débridée est tellement dans l’ordre des choses aujourd’hui.

Aux fourneaux, la chef Fisun Ercan, dont on apprécie le travail à son quartier général, Su, dans le quartier Verdun; en salle, Edward Zaki, qui anime intelligemment son autre maison plateauesque, Chez Victoire. Une très élégante Turque et un Égypto-Grec distingué aux commandes, le duo donne une idée du sérieux de la maison. On parlera donc ici de mezzés de qualité, ce que la sélection des plats proposés confirme.

Une carte très bien pensée et structurée pour être comprise même si l’on n’est pas spécialiste ès mezzés. « Tartiner ou ne pas tartiner », « Du champ », « De la mer », « De la terre », « Entre les tranches », les présentations sont claires, et la seule difficulté pour les clients est de s’en tenir à deux ou trois mezzés par personne.

Si l’ensemble de la carte est très réussi, certaines assiettes s’élèvent au-dessus du reste : muhammara relevée juste à point, feuilles de vignes farcies au kasséri, légèrement grillées, pieuvre braisée d’une émouvante tendreté, caille grillée soulignée d’un joli mélange de mélasse de raisin et de tahini, mini-brochettes d’agneau de Kamouraska accompagnées d’oignons légèrement caramélisés.

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Cuisine chaleureuse, subtile et délicate. La légère retenue qu’on note dans l’identité de certains plats un peu trop sages pour être éblouissants – ces petits rougets (barbounyas), par exemple – est sans doute à mettre sur le compte des premières heures de la cuisine. La chef signe ailleurs des choses très distinctives et très marquées qui sauront prendre leur place très vite ici aussi.

Service attentionné et chaleureux, carte des vins incitant à la débauche et arak – indissociable compagnon de table des mezzés – de qualité.

Barbounya – 234 Laurier Ouest – (514) 439-8858


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