Colliers croqués et à croquer!

Autoportrait, Josée Lecompte

Collier-gâteau Forêt-Noire, chapelet-badiane, collerette-radis… ils sont uniques, ils sont comestibles, et… éphémères! Mais la photographe Josée Lecompte a pris le temps d’éterniser ces bijoux alimentaires. En tout, 80 colliers-portraits. On adore! Entrevue avec l’artiste derrière le projet photographique Touski.

Comment est né le projet ? En fait, j’ai commencé à travailler sur ce concept en 2007-2008. Avec un ami, nous nous donnions des défis photo à réaliser. J’ai commencé à faire mon autoportrait avec des rondelles de bananes autour du cou. Puis nous sommes allés plus loin. J’ai présenté pour la première fois mon projet en 2010, dans le cadre d’une soirée privée.
Qui sont les personnes qui ont pris la pose? Au début, surtout des amis. Puis, des inconnus ont participé à la démarche. Soit parce qu’ils voulaient absolument une photo d’eux avec un aliment précis et me contactaient sur ma page Facebook, soit parce que certains visages m’intéressaient au hasard des rencontres. J’avais aussi des idées et des images bien précises en tête. Je lançais donc des « Je cherche quelqu’un pour une pizza! ».

Collier-poutine (crédit photo Josée Lecompte)

Comment avez-vous travaillé leur collier-portrait? Vous ont-ils fait part de leur goût ou dégoût alimentaire?

Certaines personnes savaient avec quel aliment elles souhaitaient être photographiées. J’aime les fraises! Je veux un collier de fraises! OK! Pour d’autres, c’était plus un défi. Ah oui, super beau… un collier de sardines! Mais pouah… Ah non, mon dieu, je ne peux pas, finalement! Il me fallait donc mener parfois un petit combat pour parvenir au résultat voulu. Les modèles m’ont fait des suggestions et j’en soumettais de mon côté. Cela a donné des échanges vraiment passionnants! Et drôles!

Un exemple de situation cocasse? Le collier-pieuvre! Nous sommes partis d’une pieuvre congelée. Parfait, car avec le temps de prendre la pose, de prendre plusieurs photos avant d’obtenir la finale, l’aliment en cours de dégel collait bien sur la peau du modèle. Mais ensuite, quelle odeur! Le gars a senti le mollusque pendant des semaines!

Collier-radis (crédit photo Josée Lecompte)

Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans ce travail? Il a vraiment fallu s’adapter à chaque aliment. Soit le modèle arrivait avec le sien, soit on allait au marché Jean-Talon, proche de mon studio. Comme les personnes sont photographiées debout, il y avait le problème numéro 1, celui de la gravité. Faire un collier de fraises à plat, c’est facile. Par contre, une fois mis en suspension… Le problème numéro 2, c’était la fragilité de certains produits, les framboises par exemple. Et puis, certains aliments m’ont surpris! Comme le crémage des biscuits Oreo. Il fondait rapidement avec la chaleur de la peau dégagée par le modèle. Quant à mon autoportrait avec le gâteau Forêt-Noire, il a demandé l’aide et les conseils d’une styliste culinaire.

Après la Tohu qui expose vos photos jusqu’au 1er juillet, où s’en vont ces 80 portraits? Je l’ignore. Je réfléchis à la suite. Une mosaïque de toutes ces photos est actuellement exposée au café Une Grenouille dans la théière, au 5940 rue St-Hubert.

Collier-bleuets (crédit photo Josée Lecompte)

Quatre ans après, est-ce que les gens s’identifient toujours à l’aliment avec lequel ils ont été photographiés? C’est drôle, mais au fil du temps, on se rend compte que les gens changent beaucoup! Pour certains, je pense que le collier-portrait serait différent aujourd’hui.

Touski de Josée Lecompte

À la Tohu jusqu’au 1er juillet 2012

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