Corridor gourmand : la rue Beaubien Est

Longue artère commerciale avec ses boutiques, ses espaces verts, son collège et ses poches de grand vide… Oui, la rue Beaubien Est, surtout après le boulevard Saint-Michel, n’est pas gastronomiquement parlant « affriolante ». L’offre s’avère discontinue, et le transport en commun cruellement absent. Le mieux est donc de prendre un vélo, de marcher ou de combiner pieds et autobus (circuit 18). Le tour gourmand commence dans ce qui s’appelle le P’tit Beaubien. Prévoyez un grand sac, de bonnes chaussures et un ventre léger.
Le Fournil Ancestral

Arrêt 1 – Le Fournil Ancestral (4254). Cette boulangerie faisait la couverture de notre première édition du guide 100 boutiques gourmandes à Montréal. Elle est toujours présente dans la deuxième édition. La force de Dorin Gidoiu, qui a repris ce commerce il y a 14 ans, ce sont ses pains carrés aux farines biologiques et de grains anciens qu’on retrouve dans plusieurs épiceries naturelles. Notre boulanger ancien meunier poursuit le travail et prévoit sortir en fin d’année un carré aux trois quinoas (noir, blanc et rouge) et un pain au chia noir. D’ici là, des croissants et des feuilletés au fromage garniront les paniers pour l’offre salée du midi.

Zytynsky

Arrêt 2 – Zytynsky’s (3350). Envie de choucroute, de gros cornichons en saumure, de pierogi (gros raviolis polonais) ou d’un généreux (et pas cher) sandwich à la viande fumée? Faites une halte dans ce commerce familial d’origine ukrainienne qui roule depuis 1922. Habitués du quartier, familles immigrantes installées depuis des générations, Zytynsky’s est un carrefour gourmand qui propose des produits d’Europe de l’Est.

Fleur de sel

Arrêt 3 – Fleur de sel Épicerie fine (2381). La propriétaire, Sylvie Gauthier, continue d’enrichir ses tablettes de nouveaux produits. La gamme complète des chocolats Cotard, dont on vous parlait en mars dernier, est offerte depuis peu, tout comme des miels de Corse (Sole d’Apa), une onctueuse pâte à tartiner au chocolat italienne (Dulcioliva), les produits de Canard Goulu et les vinaigres de Cass’isle D’Orléans. Au total, ce sont plus de 1000 produits fins d’ici ou importés, sélectionnés en fonction des particularités régionales. Cet été, le site web de l’épicerie (ouverte depuis sept ans) se refera une beauté et référencera tout ce qu’on peut y trouver. Autres produits attendus : une gamme de produits marins de Bretagne (La Cuisine de Lucie, avec notamment des rillettes de foie de lotte 
aux algues, un tartare aux algues), les thés glacés de Camellia-Sinensis (une sélection à base de rooibos à infuser dans de l’eau froide) et la collection Madépices.

 

De Froment et de Seve

Arrêt 4 – De Froment et de Sève (2355). Pas de révolution majeure du côté de cette boulangerie-pâtisserie-fromagerie-charcuterie-comptoir de vente à emporter ou à consommer sur place qui s’est agrandie en 2012. Sauf les mets préparés et les vins qu’on peut acheter avec eux (une vingtaine de bouteilles référencées à la SAQ pour lesquelles le commerce exige 6$ de plus que le prix en succursale). Tout comme les plats à emporter, la sélection de bouteilles change régulièrement.

La Glacerie

Arrêt 5 – La Glacerie (2350). Face à la boulangerie, avec une terrasse sur le coin proposant plusieurs tables, ce petit café amalgame divers artisans sucrés d’ici : glaces Bilboquet, macarons du Point G, meringues Cafiti, petits pots de Sucrenard (une nouveauté apparue en décembre dernier), etc.

 

Les Fromages de choix

Arrêt 6 – Les Fromages de choix (2101). Cafés, fromages, charcuteries, produits d’épicerie, sélection de pains, pizzas, sandwichs… Un commerce de quartier, situé en coin et avec une petite terrasse sur le côté, dont vous ferez le tour littéralement à l’intérieur en raison de l’agencement de la boutique! En plus des plats cuisinés, la copropriétaire, Anick, prépare elle-même des mousses de foie de volaille (porto et pistaches ou poivre-porto-miel doré pas mal du tout hormis le système d’emballage), des terrines et des produits de fête au temps des fêtes.

Le Marchand du Bourg

Arrêt 7 – Le Marchand du Bourg (1661). Cette boucherie est un ovni. D’abord le boucher lui-même, Marc Bourg (costume à carreaux, chemise moutarde, cravate, casquette gavroche), le lieu (meubles anciens, portraits photographiques surannés, landau des années 50) et le produit vedette : de la côte de bœuf vieillie à sec pendant 40… 120… 180… 360 jours! On contemple les pièces de viande comme des bijoux dans la chambre de vieillissement, on commande (aussi bavette, contre-filet, etc.), on s’assied sur le banc d’église et on jase avec… le père et le fils ! La relève de papa. Fort sympathique.

Fous des Iles

Arrêt 8 – Fou des Îles (1253). Notre poissonnerie coup de cœur depuis son ouverture en 2012! Faire le tour des nouveautés avec Stéphane Vigneau, l’un des copropriétaires, c’est comme prendre direct un bateau pour les Îles-de-la-Madeleine. Le garde-manger madelinot est impressionnant, la boutique en offre un bel et quasiment complet aperçu : tartinades de corail de pétoncle, hareng boucane, saucisses à la bière des Îles, produits de loup marin (filet, burger, peperettes, terrines, tournedos…), du saumon et de la truite maison fumés à chaud… Et, bien entendu, du poisson et des fruits de mer d’une grande fraîcheur, des plats cuisinés (de qualité) préparés par le jeune cuisinier maison qui a travaillé auprès de Luc Jomphe (ex-chef du Bistrot du bout du monde) et le homard des Îles qui frétille actuellement dans les viviers.

La Cardeline

Arrêt 9 – La Cardeline (1123). Ouverte depuis la mi-avril, cette biscuiterie provençale attire les regards et suscite la curiosité. D’abord parce que cet ancien local a été joliment retapé et que la spécialité de la maison intrigue. Des biscuits à l’huile d’olive? Oui, une gamme de six biscuits faits avec une huile d’olive importée en exclusivité de Provence dont la saveur douce se combine bien en pâtisserie mais aussi une gamme de huit biscuits au beurre. Virginie Cros, pâtissière et copropriétaire (avec son conjoint) vient de Marseille, de parents restaurateurs. On la voit à l’œuvre derrière le comptoir puisque le couple a eu la bonne idée d’ouvrir le petit atelier de fabrication. Navettes (biscuits marseillais à la forme oblongue et parfumés à la fleur d’oranger), mantecaos (gros biscuits d’origine espagnole dont la texture très sablonneuse vous laissera peut-être perplexe), nougat glacé servi en pot individuel avec coulis de framboises et miel de fleurs sauvages de Gaspésie (proche des saveurs du miel de lavande)… La Provence, rue Beaubien Est.

Olives & Cafe noir

Arrêt 10 – Olives & Café Noir (1109). À la fois, café, épicerie, comptoir de vente à emporter ou à consommer sur place (soupes, salades, sandwichs…), cette adresse gourmande offre une agréable ambiance très différente mais toujours relax tout au long de la journée. Les travailleurs solitaires en semaine laissent la place aux jeunes familles du quartier qui s’y pressent les weeks-ends, les célibataires viennent chercher leur thé (Camellia Sinensis), leur café (Toi Moi Café), leur viennoiserie et les pressés du soir « qui-n’ont-pas-le temps-de » passent pour s’improviser ou compléter un repas. Un esprit bohème et des motifs sur certaines tables qui nous font craquer.

Fromagerie Beaubien

Arrêt 11 – Fromagerie Beaubien (1001). Voici un commerce fromager qu’on aime aussi beaucoup pour son ambiance néo-champêtre, avec une touche « bistrote » (petits comptoirs charcuterie, boulangerie, quelques places assises) bien pensée jusqu’à la signature visuelle (une silhouette bovine sur un motif écossais vert). Les fromages québécois sont à l’honneur et il est possible de compléter le tout par du bon pain (celui de la boulangerie Mamie Clafoutis) ainsi qu’une sélection de charcuteries.

Une fois passé le métro Beaubien (situé à l’angle de l’avenue de Châteaubriand)…

Boulangerie De Pere en fils

Arrêt 12 – Boulangerie De Père en Fils (328). Ouverte depuis six mois, il s’agit de la nouvelle et deuxième adresse de la boulangerie du même nom qui se trouve sur la rue Masson. L’offre en pains, viennoiseries, sandwichs, etc. reste la même mais ô surprise… ici l’on trouve des sfogliatelle. La sfogliatella (au singulier) est une pâtisserie napolitaine qui ressemble à un joli coquillage feuilleté fourré de ricotta et de fruits confits (orange, citron).

Drogheria Fine

Arrêt 13 – Drogheria Fine (180). Deuxième adresse de notre « touilleur de sauce tomate » préféré Franco Gattuso dont les pots de salsa della nonna rythment la couverture de notre guide 100 boutiques gourmandes à Montréal! Dans ce micro local ouvert depuis décembre 2012, et géré par sa fille aînée Samsara, on retrouve les sauces tomates nature, à la viande, pimentées, des pots de gnocchis, de l’huile d’olive, etc. La formule du midi est vraiment sympa : chaque jour, un panini (parfois 2 sortes mais guère plus), servi avec un café (au choix) et un dessert fait maison par la grand-mère paternelle. Pour 5$. Dans un cadre super chaleureux.

Boucherie Saint-Viateur

Arrêt 14 – Boucherie Saint-Viateur (88). Seule boucherie qui propose des coupes de viande latino-américaines. Ici on fait dans le « familial », à savoir des gros sacs de riz, des poches de charbon de bois pour le barbecue et juste à l’entrée, une variété de empanadas (gros chaussons fourrés) à emporter.

Pour les cafés, ce segment de la rue offre l’embarras du choix : Café Vôlane (758), Café Odessa (65), Le Vieux Vélo (59),  Notre-Dame-des-Quilles (32)… Sans oublier les restaurants : le nouveau Gus du chef David Ferguson (38) et avant de passer le métro Beaubien, Détour Bistro (2480), Chez Roger (2316), La Boulette (2223)…

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4 commentaire(s)

  1. Bonjour,
    J’habite au coin Beaubien et des Écores et vous avez donné toutes les bonnes adresses autour ! Même certaines que je ne connaissais pas. Il y a de quoi se faire à manger facilement. Cependant, il m’arrive de n’avoir pas le goût de cuisiner alors je vais Aux petits plats de Sophie (2241, Beaubien). Ils ont de petits plats cuisinés que je trouve délicieux. J’affectionne tout particulièrement la moussaka à l’agneau, quel délice. Mon conjoint, qui fait un pâté chinois digne de ce nom, aime bien celui de Sophie !
    J’aime bien vous lire et vous souhaite une bonne journée ainsi qu’à tous les lecteurs.
    Christine

  2. Merci Christine pour cet ajout à mon parcours ! Et MERCI de me lire ! Sophie Suraniti

  3. Très utile cette liste gourmande de la rue Beaubien. Mais vous avez oublié L’Unique s’emporte, au coin de Christophe-Colomb. Je vais y chercher mes pâtes fraîches et des antipasti. Et pour les soirs de semaines pressés, les pointes de pizzas ou les plats du chef sont parfaits! Je viens d’essayer les raviolis crevettes et gingembre… quel délice! Un must pour vos repas italiens à la maison!

    • Merci Marie-Ève T. pour cet ajout. Effectivement, il s’agit de l’annexe ‘à emporter’ du Bistro Unique. Sophie Suraniti

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