La Tranchefile : la reliure au menu

Au restaurant, tandis que vous dévorez tel un gréviste de la faim le menu qui s’étale devant vos yeux, la relieure, elle, le manipule, le retourne, l’écartèle, le dissèque presque! Vous poussez des « Ooooh je vais prendre ça ». Elle murmure des « Hum… mal fichue cette couture. ». À Montréal, La Tranchefile qui existe depuis 35 ans est le porte-étendard de ce (séculaire) métier d’art. Rencontre-entrevue autour du menu avec sa nouvelle propriétaire Josée Dessureault, relieure d’art et directrice d’atelier.

Crédit photo : La Tranchefile

Les demandes de reliure concernant les menus de restaurant concernent-elles uniquement les restos haut de gamme? Souvent. Mais en fait, ce sont surtout des établissements qui portent attention à l’esthétique en général et connaissent l’importance d’investir dans de la qualité, gage de durée.

Les projets sont-ils fréquents? Ce sont des commandes occasionnelles. Par contre, lorsqu’il y a commande, la production est importante et complète (porte-facture, carte des vins, livre d’or, etc.).

Ce travail de reliure est-il connu? Le travail de reliure est méconnu. Et les clients qui se renseignent sont toujours surpris des prix. Il est clair que nous ne sommes pas compétitifs avec les entreprises qui font des menus à la chaîne! À La Tranchefile, chaque menu est fait à la main et est pensé de A à Z. Il s’agit de sur-mesure, d’exclusivité. Un travail artisanal. Mais une fois que le client y a goûté, il sait que ces objets sont faits pour durer et qu’ils sont pensés et réalisés avec soin.

Crédit photo : La Tranchefile

Comment aborde-t-on un menu? On réfléchit d’abord à la fonction. Par exemple, placer des bretelles sur la longueur et non sur la hauteur permet d’éviter de toucher le menu. Le papier que l’on glisse entre ces bretelles ne devient pas tout graisseux en fin de journée! La Tranchefile agit comme un conseiller expert. Si un projet ne paraît pas viable pour diverses raisons, nous essayons de trouver et de proposer d’autres solutions.

Qu’est-ce qui est important? La fonction, la maniabilité, l’entretien et bien entendu l’allure générale. Par exemple, il nous arrive de voir des menus bien trop grands par rapport à la dimension de la table sur laquelle on mange!

Crédit photo : La Tranchefile

Les menus à l’ardoise sont-ils en train de tuer les menus classiques? Il est certain que ce choix permet d’éviter aux restaurateurs d’investir dans des menus « physiques » et de réimprimer sans cesse. Mais lorsque le concept ne s’y prête guère ou que l’on se retrouve très loin du tableau… pas évident! Le serveur doit alors souvent en faire la lecture complète au client.

Quelles sont les tendances? Les nouveautés? Tout est possible! Du classique papier traité en passant par les imitations croco, le vrai cuir, etc. À condition que cela rentre dans le budget prévu et que ce soit réalisable du point de vue technique. Un menu d’un blanc immaculé qui s’entretient aisément, un livre ancien (ou pas) qui sert de porte-facture, une couverture en cuir pour la carte des vins (souple pour être roulée sous le bras et fermée par une lanière de cuir), une boîte-coffret servant de présentoir à fromages pour les salons…

La Tranchefile : 5249, boul. Saint-Laurent, Montréal | T. 514 270-9313 | www.latranchefile.com

Crédit photo : La Tranchefile


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